EconomiePanier de la ménagère

Consommation: « Tout est cher au marché ! »

Les prix de certaines denrées alimentaires connaissent depuis quelques semaines une hausse constante, en rendant certains inaccessibles aux consommateurs moyens. La viande, l’huile, les œufs, les légumes et même les légumineuses ne sont plus à la portée des plus démunis.

« De nos jours, il faut vraiment avoir les moyens pour pouvoir manger à sa faim. Tout est cher et on a même peur de se rendre au marché » déplore Mah Dembélé, une ménagère. Son cri de détresse est partagé par la plupart qui interpellent les autorités pour la réduction des prix de certaines denrées alimentaires, surtout ceux de la viande, de l’huile et des œufs, qui connaissent depuis un certain temps une forte tendance à la hausse.

Selon une note technique de la Direction générale, les prix de ces produits ont effectivement augmenté depuis un certain moment. Pour nous faire une idée des prix de certaines denrées alimentaires, nous avons fait un tour au marché de Magnambougou et selon les témoignages « presque tout est cher maintenant ».

« Nous mêmes, on a plus envie de vendre de la viande » commente Malick Diarra, un boucher au marché de Magnambougou. II explique l’inflation actuelle du prix de la viande par le manque de bœufs qui deviennent de plus en plus chers. « Avant-hier, mon patron a acheté un bœuf à 500 250F, mais après avoir vendu la viande, on n’a pas eu ce qu’on a dépensé » assure t-il. Il ajoute que ce qu’ils vendaient à 250F est maintenant vendu à 500F, donc une augmentation de plus de 250 ou 300F pour le kilo de viande. Avant, le kilo de la viande avec os était entre 2000F et 2200F/kg, et la viande sans os se vendait entre 2500F et 2750F /kg. Aujourd’hui, la viande avec os, c’est entre 2 300F et 3000F /kilo, et la viande sans os entre 3000F et 3250F/ kg.

Le prix du bidon d’huile de 20 litres a également pris l’ascenseur. Il y a quelques mois, il coutait 11 000F et 16 000F en fonction de la qualité, soit 800F et 900F /litre. A nôtre passage au marché, il se vendait entre 17 500F et 20 000F, soit 1000 à 1200F/litre. « Moi, je vends maintenant mon huile à 950F et 1000F/litre selon la qualité, et je suis celle qui vend aux prix les moins chers au marché ici » déclare Touloublen Awa, une vendeuse d’huile de différentes qualités au marché de Magnambougou. Elle ajoute qu’au niveau des boutiques dans les quartiers, c’est à 1200f « sans discussion ».

La pomme de terre vendue à 275F et 300F/kg, coûte aujourd’hui 400F/kg. Quant au gingembre, le kilo est cédé à 800F contre 600Fauparavant. L’oignon cédé à 350 contre 250, soit une augmentation de 40%. Quant à l’ail, le carton était à 10 000F, et maintenant c’est à 12 000F « Je vends l’ail en détail, une gousse d’ail coûte 75F ou 100F, soit 7 gousses à 500F. Nous mêmes, on ne souhaite pas vendre si cher, mais que faire ? On est obligé pour avoir juste un peu de bénéfice, car les grossistes nous les donnent très cher aussi » s’est confiée la vendeuse, Fana Dembélé au marché de Magnambougou. Maintenant on vend la pâte d’arachide en détail à partir de 150F. Le kilo de l’arachide est à 700F, et le sac à 70 000F alors que c’était à 50 000F et souvent même 40 000F le sac et 500F/ kg auparavant.

Les légumes frais que l’on trouve sur le marché sont de contre-saison. Au moment de l’hivernage, les prix augmentent sensiblement. « Chaque année, à cette période les légumes sont chers. Le sac du piment est maintenant entre 17 500F et 20 000F. Au détail, il est vendu un piment à 25F et trois à 50F. Le sac de l’aubergine africaine est actuellement à 12 500F, et en détail c’est un à 50F ou 3 à 100F. Celui du poivron est à 20 000F et en détail c’est un poivron à 25F ou 50F et même 75 F, si c’est gros. Quant au céleri et au persil, « on ne peut même pas les acheter » se plaint une cliente.

Idem pour les tomates. « J’ai arrêté de vendre les tomates, elles sont très chères » avoue Assan Samaké, une vendeuse de légumes frais. Elle explique que le panier de tomates est à 20 000F, 25 000F et 30 000F, cela dépend du volume du panier. « On voit rarement les tomates au marché, et même si on en trouve, c’est très cher. Une tomate est vendue à 25F ou trois à 50F. Auparavant, on achetait le tas de 5 à 6 tomates à 100F, maintenant c’est à 200F » proteste Sanata, une acheteuse.

Les vivres secs ont également vu leurs prix augmenté. Le sac de lait de 25 kilogrammes est actuellement entre 50 000F et 51 500F, soit 2000F à 2200F/kg en fonction de la qualité, alors qu’avant c’était entre 46 000f et 47 000F le sac et 2000F ou moins par kilo au moins de mars, avant le début de l’inflation des prix.

Pour réclamer une action du gouvernement face à cette flambée des prix, une manifestation est prévue ce 22 juin sous forme de sit-in devant la Primature à Bamako.

Koumba COULIBALY

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